Mon éveil au végétarisme

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Je me suis toujours considérée comme une « viandosaure » convaincue. Je faisais partie de ceux pour qui manger de la viande faisait partie du QUOTIDIEN.
J’ai été élevée comme ça : un repas équilibré doit contenir de la chaire animale (sous toutes ses formes : escalope, filet, charcuterie, pâté, poisson…). Et moi, j’ai toujours bien fait attention à manger équilibré!
Autant vous dire, que le jour où je me suis  intéressé au sujet et me suis documenté, toutes mes convictions ont volées en éclat; toute ma manière de penser mon alimentation a été bouleversée.
Les deux plus grands bouleversements ont été :
une ouverture vers de nouveaux horizons en matière d’alimentation
Et non, l’alimentation ne se résume pas à de la viande, des pâtes au blé et des pommes de terre. Je caricature un peu, mais à peine. Pour moi, les légumes n’ont toujours été qu’un « accompagnement », dans le sens péjoratif du terme. Le légume était là pour la partie bonne conscience de mon assiette équilibrée, pour mettre de la couleur dans le plat, le truc qu’on mange en dernier, en pas trop grande quantité car c’est ce qu’on laissera dans l’assiette si on a plus faim. Depuis que je ne mange plus de viande, les légumes ont repris leur titre de noblesse dans mon assiette, ils ont aujourd’hui une place essentielle dans mon assiette. Mais le changement le plus significatif pour moi a été la découverte de nouvelles saveurs. Quinoa, boulgour, panais, lait de coco, crème de riz, pois chiches, etc… autant de mots barbares, voire peu appétissants pour certains, que j’ai appris à connaître et donc apprécier. Tout un univers culinaire s’est ouvert à moi depuis que j’ai appris à composer un plat équilibré sans la sacro-sainte viande (et poisson, que je mangeais par contre déjà très peu). J’ai appris à beaucoup jouer avec les épices pour donner du goût à mes plats, à essayer de nouveau légumes/légumineuses (légumes secs) et féculents pour ne pas toujours manger la même chose. Bref, j’ai vraiment appris que l’alimentation était quelque chose de particulièrement vaste du moment qu’on prend le temps de s’y intéresser et creuser le sujet.
– éveil éthique animaux
Paul Mc Cartney a dit « si les abattoirs avaient des vitres, tout le monde serait végétarien ». J’ai toujours été sensible à la condition animale. J’ai toujours su que l’abattage des animaux pour notre simple plaisir n’était pas une chose glorieuse, que les conditions dans lesquelles c’était fait l’étaient encore moins, et pourtant je n’étais pas prête à sauter le pas; encore trop attachée à mon plaisir de manger de la viande. Par contre j’ai toujours su qu’un jour, je basculerais vers le végétarisme. J’attendais mon heure, celui du déclic. Ce moment où on bascule et où l’on sait qu’il n’y aura plus de marche arrière possible. L’idée a donc longtemps germé en moi et puis quand j’ai senti que c’était le moment, j’ai pris mon courage a deux mains et je suis allé sur youtube regarder des vidéos d’abattoirs. Je n’ai jamais osé regarder ces vidéos et j’attendais ce moment précis pour le faire, comme pour sceller ma décision, tel un électrochoc qui confirmerait définitivement mon choix. Et je peux dire que ces vidéos ont eu l’effet escompté. Les chevaux et vaches assommés au pistolet à tige perforante, direct sur la tempe qui s’écroulent comme des pantins, mais dont en fait 40% ne sont pas assommés correctement au 1er coup de pistolet et peuvent alors être égorgés (oui égorgés!) encore vivants: ou ces moutons qui mal assommés aussi sont écartelés vivants parce qu’un technicien est allé faire pipi et que la chaîne abattage ne s’arrête pas; les cris des agneaux qui pleurent en appelant leur mère, parqués dans de minuscules enclos en attendant d’être tués; les poussins qu’on passe au broyeur vivants dont certains en ressortent encore vivants, et les poussins sélectionnés pour être gavés dont on coupe le bout du bec (à vif, sinon c’est pas drôle) pour ne pas qu’ils se blessent entre eux, parce que trop nombreux et placés dans des enclos minuscules. Bref, une horreur absolue et passée sous silence. Personnellement, je ne veux plus cautionner cela. Mon choix est fait.
Bien sûr d’autres arguments ont joué dan ma « transition » (les scandales alimentaires sur la viande aux antibiotiques, le bœuf qui est en fait du cheval, la surconsommation de graisse animale qui n’est pas bonne pour la santé, etc.) mais ces deux aspects éthiques et diététiques ont le plus pesé dans la balance.
Je me considère encore « flexitarienne » pour l’instant car le végétarisme n’est pas quelque chose qui s’improvise selon moi. J’avoue encore un peu tâtonner à bien équilibrer mon alimentation par crainte de subir de carences alimentaires, étant conditionnée depuis toujours à l’idée que la viande et le poisson sont INDISPENSABLES à un bon équilibre et que si je n’en mange pas je ne serais pas en bonne santé.
Le 2ème obstacle est pour moi de gérer cela à l’extérieur. Si dans ma famille proche, cela ne pose absolument aucun problème, ma belle-mère, par exemple, a beaucoup de mal à ce que je refuse ses plats de viande quand je suis chez elle et j’avoue avoir un peu de mal à lui tenir tête, et préfère y aller progressivement pour éviter tout conflit (en gros je refile en douce ma viande à mon mari).
N’étant qu’à mes débuts, subir le jugement extérieur n’est pas encore évident à assumer. Mais j’apprends doucement à avoir les arguments et la force de caractère pour assumer pleinement et sereinement de sortir de la « norme » et du jugement critique des gens que je peux rencontrer.
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8 commentaires pour Mon éveil au végétarisme

  1. SweetNanakie dit :

    Comme d’autres avant moi, c’est cette phrase « Par contre j’ai toujours su qu’un jour, je basculerais vers le végétarisme. J’attendais mon heure, celui du déclic » qui me parle : depuis 1 an je sens comme un basculement se faire en moi, tout doucement, mais je n’ai pas encore ce déclic! Pourtant, comme tu le dis, je sens bien qu’un jour, je ne mangerai plus de viande! Et dans ma famille d’éleveur de vaches à viande, la pilule pourrait bien être amère!

  2. Suny dit :

    Bravo ! 🙂
    Moi aussi j’ai mis pas mal de temps à avoir le déclic, même si comme toi j’ai toujours su, depuis toute petite, qu’un jour j’arrêterais de manger des animaux. Le plus dur ce n’est pas de prendre la décision vis à vis de soi, mais surtout vis à vis de son entourage. Mais une fois que c’est fait, on sent tellement mieux ! Et puis, les reproches et conflits, tu en auras certainement, mais on apprend vite à les laisser passer loi au-dessus 🙂

  3. Hello ! Je me retrouve dans ton article et j’ai eu un petit sourire au moment ou tu parles de  » La belle mère  » la mienne ne comprend pas que je n’aime pas ça et que c’est comme ça… Les nerfs, le gras, la peau, le sang, la couenne, les os… je ne trouve pas ça appétissant moi. Du coup j’ai droit au : « c’est pourtant plein de bonnes choses »,  » tu vas être malade si tu n’en manges pas » Du coup comme toi je refile à mon homme ou à mon fils qui sont de vrais bons mangeurs de viande. Et non je ne suis pas malade car je ne mange pas de viande. J’ai fait une prise de sang récemment et tout va pour le mieux une prise de sang au TOP. Le tout est de varier son alimentation et de veiller à consommer des protéines autres qu’animales.
    Comme toi je trouve que c’est difficile à assumer à l’extérieur surtout que dans les restos il n’y a pas beaucoup de plats pensés pour les végétarien/féxitarien/Végan.. et qu’il est difficile d’emmener des collègues ou amis dans des restos végé quand on a la chance d’en trouver pas loin de chez soi !

  4. rozieetcolibri dit :

    Article intéressant !! Je me pose actuellement la question, mais je n’ai pas de « déclic ». Je ne suis pas très viande à la base, même si comme toi, je viens d’une famille ou il fallait en manger à chaque repas. Manger de la chair a tendance à naturellement me rebuter, tu imagines les scènes de famille aux moments des repas ^^.
    Du coup, je me dis « Et pourquoi pas totalement l’enlever de mon alimentation, puisque c’est déjà presque le cas ? »
    Je pense à l’impact écologique, à l’impact sur la santé, et tout ce qu’il y a de positif derrière ..
    Mais le déclic n’est pas encore là, alors je ne me sens pas prête à refuser les toasts au foie-gras à Noël, ou encore un délicieux magret de canard .. L’envie est trop forte !!

    • milizen dit :

      Finalement, le plus difficile est d’assumer auprès des autres de refuser de manger de la viande. C n’est pas encore assez dans nos mœurs d’oser refuser un plat qu’on nous sert, la peur du jugement des autres est très forte. comme je le disais dans mon article, j’ai encore du mal avec ma belle-mère à lui demander de ne pas mettre de viande dans le plat qu’elle me sert; Mais à part elle, les gens autour de moi réagissent plutôt bien et sans trop de jugement à cela.

  5. Pidiaime Piwo dit :

    « Par contre j’ai toujours su qu’un jour, je basculerais vers le végétarisme. J’attendais mon heure, celui du déclic »
    Je ne sais pas pourquoi, mais d’un seul coup je me retrouve dans cette phrase. Je crois que je suis dans ce cas, sauf que je n’ai pas encore eu ce déclic.
    J’ai beaucoup réduit ma consommation de viande depuis six mois, et le peu que j’achète, c’est par des producteurs ou commerçants locaux, pour manger plus « responsable ». Je suis très réceptive à ton deuxième paragraphe, pour autant je ne me vois pas arrêter de manger de la viande. D’autant plus que mon compagnon n’est pas du tout dans cette optique et je sais que je n’aurais pas la force de refuser un bon steak s’il s’en cuit un…. Encore l’autre jour, en sentant l’odeur du barbecue, je me disais que c’est trop appétissant pour s’en passer.
    Passer au végétarisme, c’est vraiment faire une croix sur son éducation alimentaire, et je n’y suis pas encore prête je pense…
    Mais en tout cas chapeau pour toi, et merci pour le partage !

    • milizen dit :

      Chez moi, ça a commencé comme ça, j’ai progressivement baissé mon consommation de viande, jusqu’au jour où m’en passer n’était plus vécu comme un sacrifice, et à partir de là, tout a été très facile. J’avoue que j’aime encore beaucoup l’odeur d’une grillade ou d’un barbecue, mais je ne ressens plus l’envie irrésistible d’en manger pour autant. C’est à partir de là que mes convictions éthiques en faveur des animaux entrent en jeu surtout. Sinon, mon mari est un omnivore convaincu, mais comme c’est moi qui fait à manger à la maison, je définis le menu et il est sans viande. A l’extérieur, resto ou cantine ou chez des amis, il mange ce qu’il veut, et c’est souvent là qu’il se fait plaisir avec une bonne viande saignante. C’est notre deal et il l’accepte. Laisse toi le temps de faire ton parcours psychologique vers cela, c’est comme ça que tu entreras le plus sereinement et sainement dans cette démarche et qu’elle prendra tout son sens. Moi j’ai mis plusieurs années avant que naturellement je bascule définitivement. Et j’ai 32 ans 😉

      • Pidiaime Piwo dit :

        C’est un deal honnête je trouve 🙂
        Merci d’avoir pris le temps de me répondre. Je me rends compte avec ton article et ton message que je suis plus ou moins dans l’attente de ce déclic. L’avenir nous dira s’il viendra un jour !
        Je trouve néanmoins intéressant de pouvoir en parler ouvertement (ce qui n’est pas toujours aisé).
        Merci !

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